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Leonhart Fuchs

Fuchs naquit en Allemagne le 17 janvier 1501 à Wemding, ville située à l’ouest de Nördlingen. On sait peu de chose sur sa famille si ce n’est que son père et son grand-père occupèrent la charge de bourgmestre (l’équivalent de maire) dans sa ville natale. Suite à de brillantes études supérieures menées à Erfurt et à Heilbronn il obtint un titre de docteur en 1524 ce qui lui permit, en 1526, d’obtenir la chaire de médecine à Ingolstadt. Il y pratiquera et enseignera cette discipline pendant deux ans au terme desquels il deviendra le médecin attitré du margrave [1] Georges de Brandebourg à Ansbach. —— image0-5.jpgReprésentation de Fuchs ———- Plus tard, en 1535, il sera appelé à Tübingen par le duc Ulrich de Wurtemberg afin de participer à la réforme de l’université dans l’esprit de l’humanisme suite à son adhésion aux idées de Luther. Il restera dans cette ville jusqu’à sa mort qui surviendra le 10 mai 1566. Durant cette période il occupera, en plus de ses fonctions de professeur, le poste de recteur pour lequel il sera reconduit sept fois de suite. Ces différentes charges ne l’empêcheront pas de s’intéresser à l’anatomie, à la thérapeutique, à la botanique et à la chirurgie (il fera également des recherches sur la lèpre) ; dans ses écrits il tentera de renverser l’autorité des médecins arabes en remettant à l’honneur les auteurs grecs et romains comme Dioscoride [2], Pline l’Ancien [3], Hippocrate et Galien. Cet article n’étant pas particulièrement destiné à parler de médecine intéressons-nous maintenant aux travaux de Fuchs en matière de botanique ; ils feront l’objet d’un ouvrage intitulé : De Historia stirpium commentarii insignes qui paraîtra à Bâle en 1542. Dans la préface, adressée au margrave de Brandebourg, il dresse un historique de l’usage des plantes médicinales depuis l’Antiquité jusqu’à son époque. Fuchs recense et présente ensuite, dans l’ordre alphabétique, plus de 400 plantes d’origine allemande avec leurs vertus médicinales auxquelles viennent s’ajouter une centaine de plantes étrangères, parfois même exotiques comme le maïs originaire d’Amérique. Au lieu de se contenter, comme la plupart des érudits de l’époque, d’étudier la nature dans les livres anciens où les plantes décrites ne sont pas forcément celles de leur environnement et d’en faire une compilation, Fuchs engagea deux dessinateurs plus un graveur qui furent chargés de reproduire, d’après nature et avec un grand souci d’exactitude scientifique, les espèces qu’il avait soigneusement déterminées. —– image0-4.jpgL’Anémone sylvestre dans Historia stirpium ——- Les portraits de ces artistes au travail sont représentés à la fin de son ouvrage ainsi que celui de l’auteur. C’est surtout aux 512 bois gravés présentant les plantes en pleine page que cet herbier imprimé doit sa célébrité. Fuchs fut le premier à décrire la digitale (Digitalis purpurea et Digitalis lutea) dont les fleurs furent nommées par lui : dés à coudre. Si ce livre a des qualités certaines il faut tout de même dire que les critères utilisés par Fuchs pour délimiter les espèces s’appuient essentiellement sur l’apparence générale des fleurs, voire sur leur odeur, leur couleur ou la grandeur des feuilles. Il ne tente pas d’élaborer un système de classification et il range les plantes, comme on l’a dit, suivant un ordre alphabétique. —— image0.jpgIndex de Historia stirpium : les plantes sont présentées selon un ordre alphabétique. —— Il utilise, certes, un système binomial (nom du genre suivi d’un nom d’espèce) sans pour autant le systématiser comme le feront plus tard Linné puis Antoine de Jussieu. Chaque chapitre présente un genre et les différentes espèces qui le composent ; pour chacune d’elles sont précisés le milieu où on la trouve, les diverses propriétés que lui ont attribuées les auteurs anciens ainsi que leurs fonctions thérapeutiques. Malgré ces imperfections Leonhart Fuchs a contribué largement au progrès de la botanique de même que Valerius Cordus et Otto Brunfels considérés comme les pères allemands de cette discipline. —— [1] Margrave : titre porté par certains souverains d’Allemagne. [2] Dioscoride : Médecin grec du premier siècle de notre ère ; son herbier illustré intitulé « De Medica Materia » est le meilleur traité de Botanique jamais conçu jusqu’à la Renaissance. Les descriptions des plantes (environ 600) sont toutefois superficielles et parfois inexactes. Son œuvre, très appréciée au Moyen Âge, fut souvent recopiée et traduite dans de nombreuses langues. [3] Pline l’Ancien : naturaliste romain du premier siècle ; auteur de nombreux traités il est surtout connu par son Histoire Naturelle en 37 volumes qui a été, pendant longtemps, la référence en matière de connaissances scientifiques et techniques. On pourrait parler d’une encyclopédie tant les sujets traités sont variés ; pour ce qui nous intéresse, la botanique et l’agriculture occupent les chapitres 12 à 22 et les chapitres 23 à 27 traitent de la matière médicale botanique.

La fleur de lys est une fleur d’iris

Dans les manifestations artistiques des plus anciennes civilisations, comme celle des Assyriens ou des Egyptiens, ce motif a parfois été utilisé ; si cette image a une origine lointaine elle ne permet pas, pour autant, de dire avec certitude quelle fleur en est l’inspiratrice. Elle serait, suivant certaines interprétations, une représentation stylisée de l’iris jaune des marais (Iris pseudacorus) que Clovis, roi des Francs de 465 à 511, aurait adoptée après sa victoire de Vouillé sur les Wisigoths et disposée sur ses bannières en remplacement des trois crapauds qui les ornaient jusque-là. Pour nombre d’historiens cette attribution n’est qu’une légende servant à légitimer la royauté mais elle connaîtra, cependant, une grande diffusion. Depuis le 17e siècle cette tradition est discutée par les érudits mais elle n’en continue pas moins à persister. Ce motif ne prit son vrai nom de fleur de Lys que lors de la seconde croisade, en 1147. Louis VII le Jeune ayant décidé d’en faire le symbole de la France et de toute la Chrétienté, on l’appela d’abord Fleur-de-Louis, puis par déformation, Fleur-de-Luce (Loys) et, enfin, Fleur-de-Lis. Pour d’autres érudits la fleur de Lys représenterait un embout de javelot gaulois, voire d’angon, une arme franque avec pointe et crochets. Ce symbolisme guerrier serait plus en rapport avec l’époque où il fut adopté qu’une vision champêtre ! image0-1.jpg Pour clore ce vaste sujet signalons que Iris versicolor est devenu la fleur emblématique du Québec depuis le 28 octobre 1999 en remplacement du lis blanc (Lilium candidum) qui avait été choisi en 1963. Le cliché d’ Iris pseudacorus ci-dessous prouve qu’avec un peu d’imagination on peut styliser sa forme et lui donner l’allure d’une fleur de lis ! —– Iris_pseudoacorus.jpgIris pseudoacorus —— Une fleur d’iris horticole prise sous un angle adéquat peut, de nos jours, donner l’impression qu’on a également devant soi une fleur de Lys. Comme on peut s’en rendre compte l’origine de l’emblème royal et marial est loin d’être assurée. —— iris_hort.jpgIris horticole ——